L’euro n’en finit pas de s’apprécier face au dollar

En un mois l’euro s’est apprécié de plus de 5% face à la devise américaine, pour atteindre au 28 avril la parité 1 euro = 1,48 dollar, un niveau inédit depuis décembre 2009. En cause notamment, l’inquiétude vis-à-vis de la solidité de l’économie américaine et la politique mise en œuvre par la FED (Banque centrale américaine).

Rien ne semble plus résister à l’ascension inexorable de l’euro. De ces consœurs monétaires, seul le franc Suisse échappe à la tornade « euro » qui emporte tout sur son passage. Que se soit face au Yen, face au Yuan, au dollar, ou bien à la livre sterling, la devise européenne s’apprécie infailliblement. Soit dit en passant, pour quiconque envisage de voyager dans un pays où a cours une de ces monnaies, il serait peut-être judicieux de penser passer au bureau de change un de ces quatre matins.

Cherchons maintenant à expliquer cette tendance et intéressons nous plus particulièrement à la parité euro/dollar.

Le 18 avril dernier, l’agence de notation Standard et Poor’s abaisse à la négative la perspective d’évolution de la note des Etats-Unis. En clair, d’ici deux ans les Etats-Unis pourraient perdre le sacro-saint triple A, signe et condition d’une économie en bonne santé. Si ce scénario se réalisait, cela aurait pour conséquence que les Etats-Unis emprunteraient sur les marchés à des taux plus élevés. Ce qui ne manquerait pas d’alourdir leur déficit donc leur besoin de financement….. En réaction à cette annonce, les investisseurs ont eu tendance à nourrir une certaine méfiance vis-à-vis des Etats-Unis et ont préféré investir leur argent ailleurs qu’au Etats-Unis, en Europe par exemple. Et d’une !!!!!!!!
En cause également, la politique menée par le Fed qui consiste à maintenir proche du niveau 0 ses taux directeurs. La raison invoquée à cela par l’institution est qu’il ne faut sous aucun prétexte entraver la reprise encore fragile de l’économie. Résultat, on préférera doublement investir ses deniers en Europe, qui pratique des taux de 1,25% donc plus rémunérateur pour les investissements, plutôt qu’en Amérique et ses quasis 0% en vigueur. Et de deux !!!!

Euro fort, bonne ou mauvaise nouvelle pour l’Europe ?

Cela dépend pour qui et dans quelles circonstances. Ce qui est indéniable, c’est que l’euro fort ne favorise pas les exportations des entreprises européennes. En effet, plus l’euro s’apprécie plus importante sera la somme que devra mobiliser un acheteur étranger potentiel en monnaie locale (dollar pour un Américain, yen pour un Japonais…) pour obtenir la somme équivalente en euro. Drôlement embêtant pour un pays comme la France qui accumule années après années les déficits de sa balance commerciale (importations de biens – exportations de biens), dont le dernier en date pour 2010, s’élève à plus de 50 milliards d’euros.
De plus, lorsque l’euro s’apprécie de 10% sur une période donnée, ce qui a été le cas entre janvier et aujourd’hui, c’est directement la croissance qui est impactée. On estime que sans cette flambée de l’euro, la croissance des pays de la zone euro aurait été supérieure de 0,2%.
Au rang des bénéfices, il est monnaie courante de dire que s’agissant des importations le raisonnement est inversé. Cette affirmation est vraie et nous y reviendrons mais elle n’est pas gagnante pour tout le monde. Pour s’en convaincre, il suffit de se mettre deux secondes à la place d’une entreprise française, qui fabrique au hasard… des tee-shirts. Etant donné, que plus l’euro est fort plus le pouvoir d’achat d’un détenteur d’euros est élevé (supposons qu’à un temps t, 1 euro = 1 dollar et qu’à t+1, 1 euro = 2 dollars, mon pouvoir d’achat aura augmenté mais uniquement pour les biens vendues en dollar), le consommateur français privilégiera l’achat d’un tee-shirt à l’étranger plutôt qu’en France et condamnera in fine l’entreprise française.

Une des conséquences d’un euro fort et comme on vient de le voir, de faire baisser le prix des importations (en augmentant le pouvoir d’achat à l’étranger). Du coup, tous les produits importés seront moins cher. Et c’est en partie pour cette raison que l’on importe autant, en Europe. De ce point de vue, les importations de pétrole n’échappe pas à la règle. S’agissant du prix du pétrole, l’euro fort agit sur les pays de la zone euro comme un amortisseur. Sans un euro fort, aujourd’hui le prix à la pompe du SP 98 ne serait pas de 1,5 euros environ, mais bien plus onéreux.

Bien entendu ce tour d’horizon n’est pas exhaustif mais il permet de se faire une idée en connaissance de cause.



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