Pour ou contre l’euro, là n’est pas la question

A l’heure où de plus en plus de personnes prônent la sortie de l’euro au travers de discours politique passéiste et autre livre exploitant le filon, l’occasion de parler d’autres formes d’échange monétaire se présente.
Aujourd’hui 28% de la population française se déclare hostile à l’euro contre 72% y étant favorable.
Si la majorité « d’euromaniaque » s’effrite au gré des crises rencontrées par les pays de l’eurozone, là n’est pas le sujet de cet article. On va plutôt chercher à savoir si des systèmes alternatifs existent.

 

Cela vous paraîtra a priori saugrenue et peu crédible comme idée d’imaginer la création d’un Euro-PACA ou d’un Euro-18ème arrondissement de Paris. Saugrenue peut être dans un premier temps mais peu crédible ça reste à prouver (on croit ce qu’on nous dit, surtout quand on nous le répète). La raison à cela (ce scepticisme de circonstance) est que des expériences de ce type existent d’ores et déjà outre-manche.
En Septembre 2009 fut crée le Brixton pound dans le Sud de Londres
. Monnaie locale qui soit dit en passant rend hommage au peintre Vincent Van Gogh qui a résidé dans le quartier, en figurant l’artiste torturé sur les billets de 20. Le principe de cette monnaie est qu’elle ne peut être utilisée que dans le quartier. Inutile dans ces conditions de tenter de faire un tour de London Eyes ou de bateau sur la Tamise avec un Brixton Pound. Ce n’est pas demain la veille que Van Gogh supplantera la reine dans le Royaume-Uni, fusse-t-il sur des billets.
Cette initiative vise à soutenir l’activité des commerçants du quartier et à développer du lien social. Ce système est gagnant pour le vendeur, pour les raisons que vous devinez mais aussi pour l’acheteur qui, en contrepartie de son effort de consommer de préférence dans le quartier se verra accorder des réductions sur les produits.
Aujourd’hui plus de 80 magasins du quartier utilisent comme monnaie d’échange le Brixton pound, lequel est indexé sur la valeur de la livre sterling (1 Brixton Pound = 1 Livre quelque soit la variation de la devise anglaise sur les marchés des changes).

 

Autre initiative qui gagne à être plus largement connue le SEL (système d’échange local).
Si aujourd’hui en échange de notre travail, on obtient de l’argent, il faut rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, dans la Rome antique, les travailleurs se voyaient octroyer en contrepartie de leur besogne, une ration de sel. D’où notre salaire…. Le SEL en majuscule, n’a rien avoir avec l’argent non plus. Il est même par essence son antithèse.
Le SEL est un système d’échange non monétaire
basé sur l’échange de savoirs, de savoir-faire, de biens, de services. Ce système trouve déjà application dans divers pays d’Europe (dont la France) et aux Etats-Unis. Il permet à une zone géographique bien définit (et forcément réduite) de répondre aux besoins des résidents sans passer par un échange de monnaie et ce tout en recréant du lien social entre individus. L’édifice repose sur un système de point. C’est-à-dire que si je vais faire les courses pour le compte de ma voisine, je gagne 10 points par exemple. Si autrement, un jardinier du coin exerce son art sur ma parcelle de terre, je lui dois un certain nombre de point et ainsi de suite. Ce concept est intéressant du point de vue de la réinsertion des chômeurs qui ont un temps fou mais ne savent souvent pas bien quoi en faire.
Dans certain SEL, les points que l’on gagne ou que l’on cède sont directement indexés sur le temps nécessaire à la réalisation de la tâche. Une heure de nettoyage vaut autant qu’une heure de massage thaïlandais par exemple. Et au passage cela permettra de détendre tous ce beau monde….



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