Le crépuscule de la démocratie

 

A un an de la présidentielle, la bataille politique fait davantage rage sur le terrain des égos que sur celui des idées. Un parterre de prétendants ambitieux jusqu’à l’os se dispute la première place des sondages, reflet soi disant des aspirations du moment des électeurs. Cette mécanique infernale me paraît être des plus dommageables pour la démocratie. Dans ce contexte, j’aimerais vous faire découvrir ou redécouvrir le destin d’un homme, ambitieux jusqu’au-boutiste comme personne, Alcibiade, cet insaisissable grecque, fut le protagoniste d’une histoire digne des plus grandes tragédies shakespeariennes !!!! 

 

L’histoire se situe au plein cœur de la belle époque Athénienne qu’incarne parfaitement la figure d’un stratège multirécidiviste, j’ai nommé Périclès. Durant celle-ci, Athènes maîtresse du monde et de la ligue de Délos voit s’achever le « temple des vierges » plus connu sous le nom de Parthénon.  Nous sommes en – 432 avant notre ère, Socrate penseur pénétré de sa philosophie, sillonne inlassablement la ville pour faire réfléchir ses concitoyens sur des sujets aussi variés que le sens de la vie, l’essence du beau, la différence entre l’art et la médecine, l’amour… En cette année – 432, le sage fait aussi montre de beaucoup de courage dans une bataille mettant aux prises Athènes à Corinthe. Lors de celle-ci, il sauve la vie d’Alcibiade un jeune aristocrate Athénien, qui eut pour tuteur Périclès. A partir de ce moment là, les deux hommes se fréquenteront de manière plus ou moins régulière. 

 

L’année d’après, s’ouvre la guerre du Péloponnèse entre les deux ennemis jurés Sparte et Athènes (le Barça-Real de l’antiquité). En – 421 soit 10 ans après de début des hostilités un accord de paix est conclu entre les deux belligérants. Cet événement fut baptisé la paix de Nicias, du nom du stratège Athénien qui a signé la paix avec les Spartiates. 

 

Et c’est là que notre Alcibiade rentre en scène, pour de bon. Elu lui aussi stratège en – 420 av JC (Athènes comptait 10 stratèges), soit un an après que la paix fut signée, il se débrouille pour convaincre les Athéniens du bien fondé de la reprise de la guerre. Evidemment Nicias s’y oppose, mais ne parvient pas à rallier à sa cause ses concitoyens. Le projet d’Alcibiade est d’attaquer une ville, alliée de Sparte. Une importante armada de navires et de fantassins (hoplites) Athéniens est mobilisée afin de soumettre Syracuse située à 1300 kilomètres d’Athènes. Une fois sur place,  le belliqueux Alcibiade est rappelé à Athènes pour comparaitre devant la justice. Les faits qui lui sont reprochés : profanation de statuts d’Hermès. Dans un aveu de culpabilité, il refuse de s’y présenter et décide de rejoindre…. la  cité de Sparte. Une attitude qui n’est pas sans équivalence avec un Guardiola (entraineur du FC Barcelone) déboulant un beau matin à Madrid pour déposer sa candidature au poste d’entraineur du club merengue… Les Spartiates conscient qu’Alcibiade pouvait leur être utile, s’empressèrent d’accepter. Premier fait d’arme du traitre, convaincre (encore et toujours) les Spartiates de secourir sans plus attendre son allié Syracuse, pour aller combattre les forces Athéniennes qu’il avait lui-même lancé à l’attaque… Résultat des courses, les Athéniens furent littéralement décimés. 

 

Mais ce n’est pas tout, non content d’avoir réengagé le processus de guerre entre Athènes et Spartes, il s’est permis d’entretenir une relation avec la femme du roi de Sparte, pendant l’absence de ce dernier. Du coup, il fut condamné mort.  Dans ces conditions, il ne trouva rien de mieux que de rejoindre les seuls à détester autant Athènes que les Spartiates, soit les Perses (il faut dire que ceux-là, par le passé avaient pris deux sérieuses dérouillées contre les Athéniens à 3 contre 1). Il convainquit les Perses de fournir quelques subsides aux Spartiates pour que ceux-ci se constituent une flotte apte à lutter contre celle d’Athènes. Néanmoins, il leur suggéra de ne pas mettre trop la main au portefeuille, afin que les forces navales des deux camps soient équivalentes et s’épuisent mutuellement. Il faut reconnaître, qu’il fut en toutes circonstances, un excellent conseiller. Suite à toutes ces péripéties qui l’ont rendu las et nostalgique de sa terre natale, Alcibiade prit sans scrupules le chemin d’Athènes où il fut quelques temps après son retour assassiné.   

 

Si j’ai jugé utile de faire référence à cette histoire, c’est que quelques années après sa mort, la démocratie Athénienne fut remplacée par un régime tyrannique imposé par Sparte. A force de convaincre, à force d’être aveuglé par sa propre ambition, à force de ne penser qu’à sa gloire personnelle, un homme, à réussit à lui tout seul à faire trébucher la démocratie. .



Affaire DSK

Je me suis levé ce lundi matin avec l’envie irrépressible de me remplir la panse. Ne trouvant rien qui ne méritait d’être avalé, j’allume en désespoir de cause ma télé. Très vite j’attrape la télécommande, et tapote le numéro 15 correspondant au canal de BFM TV. J’assiste une énième fois à une émission « spéciale », DSK. Rien de mieux pour mettre du bon pied… J’entends des choses et d’autres se dire au sujet de cette sombre affaire. Au bout d’une quinzaine de minutes je commence à en avoir un peu marre, du coup je monte dans ma chambre. J’allume l’ordi, je me connecte sur ma boite mail. Patatras j’apprends effaré que DSK est soupçonné de viol, de séquestration…. Sur ce, un peu maso je vais faire un tour, juste pour tâter le terrain, sur le site du monde. Là pareil, même rengaine. DSK, DSK, DSK. Comme si cela ne suffisait pas, en descendant je remarque la Provence négligemment posé sur la table de la cuisine qui titre : « DSK, la chute » ou quelque chose dans le genre.  

Soudain, il se fait 13h. Toujours pas rassasié, je décide de me taper un Pernault : chose que je ne m’inflige pas tous les jours. Là, toujours le même topo. Puis je tombe sur un reportage qui montrait les réactions d’autres Européens. Entre les « honte pour l’humanité » d’un italien pourfendeur de la perversité qui sonne comme un foutage de gueule au « l’image de la France est ternit » d’un espagnol pur sang, tout y passe. Mon père en rajoute une couche, expliquant pourquoi il est certain que c’est un complot et ma mère pas en reste, nous détaille scrupuleusement les raisons pour lesquels elle est convaincu que DSK est un dangereux psychopathe pervers.

Entre complot et perversion mon cœur ne balance pas.

Au jour d’aujourd’hui, le seul reproche que l’on peut faire à DSK de faire l’objet de soupçon (mauvaise impression sans preuves réelles). C’est pas moi qui le dit mais le Larousse.

Au jour d’aujourd’hui il n’a pas encore été entendu par le tribunal chargé de faire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, alors ne confondont pas vitesse et précipitation.

Au jour d’aujourd’hui personne n’est en mesure d’assurer quoi que se soit. Chacun peut bien y aller de son pronostic mais nul ne peut voir sa théorie être validé.

Pour le moment DSK est présumé innocent. Rien de plus, rien de moins.

De deux choses l’une soit cette histoire est inventée de toute pièce et ce qui lui arrive est dégueulasse, abject soit elle est bien réelle, et il faut que ce fumier de technocrate ripoux enivrer de sa propre puissance et de son pouvoir paye l’addition.

« Tout vient à point à qui sait attendre »….



L’argent ne fait pas le bonheur

C’est la phrase qui aurait du résonner dans les têtes madrilènes au lendemain de l’élimination en demi-finale de ligue des champions contre le FC Barcelone. Près de 250 millions d’euros déboursées en transfert l’année dernière, 85 millions cette année, le tout pour soulever ….. la coupe du roi. Certes, la tradition monarchique est très présente depuis près de 5 siècles chez les Ibères, certes le prestige de Juan Carlos, héritier de Charles Quint rien que ça, est grand, mais on peut je crois affirmer sans exagérer que c’est chèrement payé.

L’argent ne fait pas non plus mieux jouer, en tout cas jusqu’à un certain point. Si vous prenez au hasard un joueur amateur et que vous lui promettez un billet de 500 euros en cas de grosse performance sur le terrain, probablement que celui-ci se montrera monstrueux. Faites l’expérience du billet avec un joueur quelconque du Real de Madrid, il est presque certain que celui-ci vous rit au nez. A fortiori, si vous vous hasardez à présenter la récompense violacée à un certain Kaka qui perçoit un million d’euros………… par match (le joueur recruté 65 millions d’euros par le staff Madrilène en 2009, bénéficie en effet d’un salaire annuel de 9 millions d’euros. Compte tenu qu’il n’a été titularisé qu’à 9 reprises cette année, c’est triste à dire mais ce brésilien pour talentueux qu’il soit, a engrangé pas moins de 1 million d’euros par match).

Si maintenant on compare la masse salariale du Real et du Barça, on remarque que le club madrilène ne se cantonne pas d’être dépensier en transfert mirobolant. Les salaires touchés par les Madrilènes ne sont pas en reste puisque le club s’acquitte d’une masse salariale annuelle de 41 millions d’euros supérieure à celle du FC Barcelone (162,8 millions d’euros contre 121,5 millions). Résultat, la dette du club de la capitale s’élève à 327 millions d’euros… Le triple de la valeur du patrimoine du club.

Pour conclure on ajoutera qu’à l’heure où les Etats cherchent à se désendetter à tout prix, ce n’est pas demain la vieille que la dette de Madrid désenflera. Jeudi matin soit 36 heures après leur élimination, l’attaquant José Maria Callejon est recruté et on parle de l’arrivée de Nani pour 28 millions d’euros…
En ces temps de retour sur le devant de la scène mondiale de nos fournisseurs de l’empire du milieu, j’invite les dirigeants Madrilènes à lire ou relire la philosophie chinoise et plus particulièrement celle développée par Confucius. Le sage a écrit il y a 2500 ans une phrase qui est d’une étonnante actualité, et qu’
ils feraient bien de méditer « le tout est plus grand que la somme des parties »…



Pour ou contre l’euro, là n’est pas la question

A l’heure où de plus en plus de personnes prônent la sortie de l’euro au travers de discours politique passéiste et autre livre exploitant le filon, l’occasion de parler d’autres formes d’échange monétaire se présente.
Aujourd’hui 28% de la population française se déclare hostile à l’euro contre 72% y étant favorable.
Si la majorité « d’euromaniaque » s’effrite au gré des crises rencontrées par les pays de l’eurozone, là n’est pas le sujet de cet article. On va plutôt chercher à savoir si des systèmes alternatifs existent.

 

Cela vous paraîtra a priori saugrenue et peu crédible comme idée d’imaginer la création d’un Euro-PACA ou d’un Euro-18ème arrondissement de Paris. Saugrenue peut être dans un premier temps mais peu crédible ça reste à prouver (on croit ce qu’on nous dit, surtout quand on nous le répète). La raison à cela (ce scepticisme de circonstance) est que des expériences de ce type existent d’ores et déjà outre-manche.
En Septembre 2009 fut crée le Brixton pound dans le Sud de Londres
. Monnaie locale qui soit dit en passant rend hommage au peintre Vincent Van Gogh qui a résidé dans le quartier, en figurant l’artiste torturé sur les billets de 20. Le principe de cette monnaie est qu’elle ne peut être utilisée que dans le quartier. Inutile dans ces conditions de tenter de faire un tour de London Eyes ou de bateau sur la Tamise avec un Brixton Pound. Ce n’est pas demain la veille que Van Gogh supplantera la reine dans le Royaume-Uni, fusse-t-il sur des billets.
Cette initiative vise à soutenir l’activité des commerçants du quartier et à développer du lien social. Ce système est gagnant pour le vendeur, pour les raisons que vous devinez mais aussi pour l’acheteur qui, en contrepartie de son effort de consommer de préférence dans le quartier se verra accorder des réductions sur les produits.
Aujourd’hui plus de 80 magasins du quartier utilisent comme monnaie d’échange le Brixton pound, lequel est indexé sur la valeur de la livre sterling (1 Brixton Pound = 1 Livre quelque soit la variation de la devise anglaise sur les marchés des changes).

 

Autre initiative qui gagne à être plus largement connue le SEL (système d’échange local).
Si aujourd’hui en échange de notre travail, on obtient de l’argent, il faut rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, dans la Rome antique, les travailleurs se voyaient octroyer en contrepartie de leur besogne, une ration de sel. D’où notre salaire…. Le SEL en majuscule, n’a rien avoir avec l’argent non plus. Il est même par essence son antithèse.
Le SEL est un système d’échange non monétaire
basé sur l’échange de savoirs, de savoir-faire, de biens, de services. Ce système trouve déjà application dans divers pays d’Europe (dont la France) et aux Etats-Unis. Il permet à une zone géographique bien définit (et forcément réduite) de répondre aux besoins des résidents sans passer par un échange de monnaie et ce tout en recréant du lien social entre individus. L’édifice repose sur un système de point. C’est-à-dire que si je vais faire les courses pour le compte de ma voisine, je gagne 10 points par exemple. Si autrement, un jardinier du coin exerce son art sur ma parcelle de terre, je lui dois un certain nombre de point et ainsi de suite. Ce concept est intéressant du point de vue de la réinsertion des chômeurs qui ont un temps fou mais ne savent souvent pas bien quoi en faire.
Dans certain SEL, les points que l’on gagne ou que l’on cède sont directement indexés sur le temps nécessaire à la réalisation de la tâche. Une heure de nettoyage vaut autant qu’une heure de massage thaïlandais par exemple. Et au passage cela permettra de détendre tous ce beau monde….



Que restera-t-il in fine du 21 avril ?

Le 21 avril 2002, Jean Marie Le Pen est arrivé en seconde position au premier tour des élections présidentielles, ce qui lui permit d’accéder au second tour. Il faut à tout prix éviter une situation similaire aux prochaines élections nous rabâche-t-on à satiété dans les médias. Discours déprimant qui entretient le sentiment, tellement facile à manipuler pour des as en la matière, de peur dans tous les recoins de la société. Bon sang !!!!!!!!! Un peu de hauteur de vue, de distance que diable !!!!!!!!!!!!
Parlons un peu du 21 avril, mais parlons en bien pour une fois.

 

Pour commencer, je ne crois pas délirer en affirmant que le monde Romain dans son ensemble a eu sur nous plus d’impact, qu’un second deuxième tour du FN n’en aura jamais. Et puis croyez vous que si jamais on en arrive là, je veux parler d’un FN au second tour, il aurait une seule chance de remporter l’élection finale.
Dans ce cadre, pourquoi ne pas fêter le 2764ème anniversaire de la fondation de Rome par Romulus, le frangin de Remus, mais aussi celui qui lui ôta la vie. Sacrifice consenti par Romulus sans doute pour que son frère accède plus rapidement à la félicité que l’on doit retrouver au paradis. Après y avoir gouté 9 mois dans le ventre de notre mère. Vous imaginez une distribution de louve en peluche, en plastique, porte clé, porte bonheur, et autres produits dérivés dans ce genre, dans tous les villages de France. Ca aurait de la gueule non ? Et le soir en lieu et place d’une émission dont on pourrait aisément se passer un 21 avril, un film retraçant l’histoire de cette fabuleuse histoire. A tout prendre, ne vaut-il pas mieux que nos chérubins s’endorment avec plein de question en tête, amène de stimuler leur esprit à l’abri de l’étroitesse qui caractérise celui des adultes.

 

J’en vois d’ici certains qui font une moue perplexe.
Pas de panique les filles, j’ai ce qu’il vous faut. Une bonne dose de féminisme primaire pour vous requinquer, comme le ferait une bonne blague vulgaire sur les blondes pour nous les hommes.
Aujourd’hui, c’était l’occasion de rappeler au monde entier qu’il y a exactement 67 ans, soit près de 2113 milliards de secondes, le droit de vote vous a été reconnu. Alors je sais bien que vous ne fûtes pas les premières et qu’avant vous, les Suédoises, les néo zélandaises, les Australiennes, les Finlandaises, les Norvégiennes, les Danoises, les Canadiennes, les Irlandaises, les Anglaises, les Américaines, les Allemandes, les Néerlandaises, les Luxembourgeoises, les Belges, les Azerbaidjanaises, les Albanaises, les Autrichiennes, les Hongroises, les Arméniennes, les Mongoliennes, les Libanaises, les Equatoriennes, les Indiennes, les Africaines du Sud, les Turques, les Grecques, les Sri Lankaises, les Thaïlandaises, les Maldiviennes, les Uruguayennes, les Brésiliennes, les Cubaines, les Birmanes, les Dominicaines de la République se sont vu accorder ce droit et que pour nombres d’entres vous maintenant que vous avez eu ce que vous vouliez, vous vous en contrefichez mais quand même faut pas se laisser aller. Ce serait dommage. Puis si le droit de vote, c’est pas votre tasse de thé, vous pouviez fêter l’anniversaire de l’indétrônable Elizabeth II, bientôt 60 ans de règne.

 

Pour les rétifs du libre-échange, les récalcitrants du marché autorégulateur, les pas-franchement-convaincus par les politiques de rigueur, il y avait la possibilité de rendre hommage à celui qui a conceptualisé, théorisé leurs convictions économiques, je veux bien sur parler de l’inoxydable bon vieux Maynard Keynes, disparu il y a tout juste 55 ans. Paix à son âme.

 

On aurait pu aussi parler de l’idée originale de 1997 qui est venu à l’esprit de Monsieur Chirac de dissoudre l’assemblée nationale. On connaît la suite, c’est-à-dire le fiasco pour la droite qu’il en est suivit. Mais là indirectement on se rapproche de 2002…
Ou bien de la mort de Racine en 1699, ou encore du putsch d’Alger en 1961, du putsch des colonels grecques six ans plus tard, mais aussi toujours en 1967 du duel à l’épée entre Gaston Deferre et René Ribière qui rappelle une époque révolue.
Enfin de mille et une autres choses passionnantes, mais parce que je ne veux aucun mal à votre santé mentale, et nul tort à vos oreilles attentives, pas du 21 avril 2002 qui focalise l’attention…



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